Clément Couturier | Road-trip en Islande l'hiver

Road trip hivernal en Islande

Récit par Clément Couturier

avec Canelle Gamard

Préambule

Depuis mon plus jeune âge les pays du nord me fascinent tant pour la nature encore préservée que pour leur culture et leur façon de vivre. Après être parti 3 mois dans les forêts boréales Finlandaises et Russes pendant l'été, l'idée de repartir cette fois-ci en hiver me trottait dans la tête depuis longtemps.
Eternel grand rêveur, le choix fut difficile entre les différents pays du nord mais c'est sur l'Islande que nous avons décidé de poser nos valises pour 10 jours d'une aventure incroyable.

64° 08′ 17″ N, 21° 55′ 43″ O

Après plusieurs semaines de préparation, nous arrivons le 10 février 2018 à l'aéroport de Keflavik prêts pour l'aventure.
Nous récupérons notre voiture de location et en guise d'accueil, sur les écrans de l'aéroport est annoncée une tempête imminente sur toute l'Islande pour demain... Entre appréhension et exitation, l'adrénaline du voyage monte en nous.


Reykjavik

La tempête est là, nous nous rendons vite compte qu'il va falloir se mettre au rythme de l'île. Ici c'est elle qui dicte la loi. Avec l'application road.is nous pouvons voir que l'ensemble des routes du sud de l'île sont bloquées pour une durée indéterminée. Avec un couple de voyageurs Canado-Bresilien rencontré la veille nous nous réfugions dans un supermarché pour décider quoi faire. Pour nous ce sera visite de la capitale !



Le grand départ !

Les routes sont maintenant dégagées et nous fonçons en direction du sud de l'île. Les paysages sont grandioses, le ciel exceptionnellement bleu et aux reflets roses donne une puissance incroyable à l'immensité des lieux. Nous pouvons voir des volcans sans doute à une centaine de kilomètres d'où nous sommes. Il n'y a rien entre nous et eux, que le blanc de la neige et des bourrasques qui bousculent notre voiture.


De la réalité aux rêves

L'Islande m'a fait revenir sur terre avec la tempête mais la partie était loin d'être terminée. Cette journée incroyable commence par la plage de Vik (pas celle connue car la route était encore fermée). Le vent est bien présent et nous fait limite trébucher.



Jökulsárlón, quand les glaçons flottent

Nous arrivons en fin de journée au lac après une bonne journée d'une route linéaire. Les touristes repartent rapidement car la lumière n'est plus très présente. Nous restons un peu pour faire quelques poses longues avec les glaçons qui foncent vers une fin certaine, vers cette mer du nord dont nous entendons le grondement lointain.

De glace et de mouvement

De glace et de diamant


Quand un rêve d'enfant apparait comme venu de nulle part...

J'en ai rêvé de ce moment, depuis tout petit ces lumières du Grand Nord me fascinent. Ce soir là, encore quelques nuages était présents... Difficile de dire s'il y en aurait plus ou moins dans les heures à venir. Nous filons en direction de la guesthouse de Holmur (que nous recommandons !) qui se trouve à une petite heure du lagon glacier.
Après un repas à base de plat lyophilisé, nous sortons dehors. Et miracle, pas un seul nuage à l'horizon ! Pas l'aurore à l'horizon pour le moment mais nous prenons la route en direction d'une zone où il y a moins de pollution lumineuse. C'est sur la route que nous aperçevons les premières lueurs ténues. Nous nous arrêtons dans l'entrée d'un chemin pour faire nos premières photos.
Jamais nous n'avons vu autant d'étoiles dans le ciel, on pourrait dire qu'il y avait plus d'étoiles que de ciel noir. Tellement d'étoiles qu'il était difficile de voir les constellations... Mais sous nos yeux, elles ont commencé leur dance magique. Les feux du Renard, comme les appellent les finlandais, nous faisaient l'honneur ce soir là d'un spectacle grandiose.



Difficile d'expliquer ce que l'on peut ressentir face à ce spectacle. Mais le froid, les heures passées dehors, le calme plat, le silence absolu des lieux ne fait qu'amplifier ce moment. Autant dire que nous avons plus admiré que pris de photos...


La route N1

Pendant tout notre périple c'est une route unique, la route N1, qui nous a guidée à travers le sud de l'Islande. Elle nous en a fait vivre ! Entre tempêtes, douche de neige (court instant où la visibilité est nulle), route glissante, voitures dand les fossés, etc... La route est comme un personnage du voyage, c'est une rencontre.




L'inconvénient de cette route est le trop faible nombre d'endroits pour s'arrêter admirer le paysage. Alors dès que l'on pouvait, on s'arrêtait.



Reindeer !

Vers Höfn [prononcez Höpn] nous avions pour objectif de voir des rennes. Ceux-ci, se baladaient paisiblement au bord de la route nous permettant de faire quelques clichés.



Des lumières

Mais l'Islande c'est surtout des lumières incroyables.


Derrière le viseur

Une aventure unique de 2000km où les tempêtes, verglas & co nous ont permis de vivre l'Islande hivernale.



Découvrez le travail de Canelle et son récit sur son site

Conseils aux futurs voyageurs

Ces conseils ne sont le résultat d'une seule expérience de 10 jours, prenez les comme tels et consultez d'autres sources.


Le premier facteur à prendre en compte: la météo.
Ici tout change très rapidement, en 5 à 10 minutes vous pouvez passer de la neige au grand soleil ou au contraire avoir une journée entièrement bouchée et où la neige n'arrête pas de tomber. La météo est à vérifier en permanence. Nous la vérifions via le site vedur.is sur nos téléphones (ne faites pas comme moi, pensez à un prendre un forfait internet qui fonctionne en Europe). Cette météo, si elle ne vous bloque pas totalement (vent à 200km/h, tempête de neige, etc...) peut impacter la route N1.


La route N1
L'état des routes est excellent, elles sont très bien entretenues. Mais la météo s'amuse à les rendrent parfois impraticables. Toutes les voitures (de location) sont équipées de roues cloutées. Indispensables ! Nous regardions tout au long de la journée l'état des routes sur vegagerdin (ou road.is) qui est un site (et application mobile) très bien mis à jour en quasi temps réel. Les webcams sont plutôt pratiques ! Une chose importante à savoir est que le vent est indiqué en m/s et non en km/h donc quand vous voyez 25m/s (90km/h), attendez vous à être secoué ! Au delà de 30m/s il vaut mieux éviter de prendre la route... Il y a un numéro super utile si vous avez un doute c'est le celui de safetravel.is. Vous leur dites d'où à où vous comptez rouler et à quelle heure et ils vous disent si oui ou non vous pouvez rouler sans risque. Ce qu'ils vous diront est sûr. (en passant, pensez à emporter ou acheter un grattoire pour les vitres car ils ne nous en avaient pas fourni et c'est indispensable !!)

Se nourrir !
Vous vous en doutez, l'Islande est un pays qui coûte assez (très) cher... Pensez à télécharger une application pour convertir les couronnes en euros, vous l'aurez toujours à la main lors de vos achats... Nous avions emmené de la nourriture de France (semoule, plats lyophilisés, tartinades, gateaux (pratique pour la route), thé, etc...). Nous avions deux thermos, bien pratiques pour se faire un thé sur la route ou faire de la semoule et manger chaud. Sinon nous achetions des pains suédois avec ce qu'il faut pour tartiner dessus. Concernant les bières, le prix monte très vite. Les Gull et les Vikings sont les bières "de base" sinon il y a la bière "Einstok" qui est très bonne ! Si vous comptez manger en ville, les prix montent très vite ! Nous avons mangé dans un petit resto appelé "Hafnarbuðin" qui propose des hot-dogs pas chers et bons (l'Islande a un côté américain assez drôle). Avant de repartir, nous avons mangé dans le plus vieux bar de la capitale au "Prikid" qui propose de très bon hamburger pour un prix raisonnable et dans le cadre du vieux Reykjavik.


Les touristes
Ils sont partout ! Non, plus sérieusement, les sites principaux du Cercle d'or, les cascades, le Vatnajökull et le Jökulsárlón sont pris d'assault par les touristes en bus ou en 4x4 (qu'ils conduisent pas toujours très bien...). Bref, tout le sud de l'île est assez touristique, pensez à y aller très (très) tôt ou tard pour les éviter. A partir du Jokulsarlon il y a moins de monde et après Höfn il n'y a plus personne.


L'équipement
L'Islande n'est pas un pays très froid comparé à d'autres. Il y a surtout beaucoup de vent (qui soulève neige et sable), de la neige ou de la pluie. J'avais plusieurs couches:
La tête: bonnet (sans doute en prendre un plus chaud la prochaine fois) + cache-col (indispensable)
Le haut: tee-shirt technique + sous-vêtement technique [woolpower] + doudoune [patagonia] + veste imperméable [Millet]
En bas: Sous-vêtement technique [woolpower] + pantalon de ski + chaussettes laine mérinos + Boots [Baffin]
Concernant le matériel photo/vidéo, les batteries (2 à 4 suivant le boitier) ont bien tenue, le filtre ND a été indispensable pour le Jokulsarlon, pour les rennes, une focale de 400/500mm est nécessaire car ils sont assez loin de la route et impossible à approcher.


Ce que je changerais la prochaine fois
Il est vrai que d'avoir la Clio nous a un peu limité dans le choix des arrêts et nous avons dû plusieurs fois renoncer. Un 4x4 serait plus pratique et nous permettrait de partir malgré des conditions de routes limites. Mais c'est un budget bien supérieur...

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